Confinés volontaires (1)

Mis à jour : juin 2

Depuis que j’en ai terminé avec mon Journal du temps de l’épidémie, tenu du 16 mars au 17 mai 2020 et publié sur ce blog en quarante livraisons régulières, je me sens un peu orphelin et désœuvré sur le plan de l’écriture. Aussi ai-je décidé de vous raconter le confinement puis le déconfinement d’une famille parisienne bourgeoise typique, parfois jusqu’à la caricature, partie se confiner en province, les Dubreuil, un couple de quadragénaires avec deux enfants. Au moment du déconfinement, la famille va se scinder en deux camps, tout en restant unie : une moitié est pressée de retrouver Paris et leur « vie d’avant », l’autre préfère rester momentanément confinée, et réfléchir à la possibilité d’un changement de mode de vie, à une possible « vie d’après ». C’est cette moitié de famille que j’ai choisi d’appeler les « confinés volontaires ».

Voici donc les Dubreuil, une famille française bourgeoise tout ce qu’il y a de plus classique. Le père, Jacques, 45 ans au moment où commence ce récit, c’est-à-dire au début du printemps 2020, est médecin psychiatre et psychothérapeute, installé dans les beaux quartiers de Paris, rive gauche. Sa femme Astrid, 42 ans, est juriste dans un cabinet d’avocats spécialisé dans le droit des affaires, situé dans le XVIème arrondissement, proche du Trocadéro. Ils sont mariés depuis vingt ans et ont deux enfants, Paul, 15 ans, et Mélanie, 12 ans.

Comme ils sont issus tous les deux de familles relativement aisées, ils ont la chance d’habiter un bel et vaste appartement donnant sur le Champ de Mars, avec une grande terrasse ombragée. Jacques a pu installer son cabinet dans deux pièces de leur appartement. Astrid a un trajet relativement court à faire pour se rendre à son travail, puisqu’elle n’a guère que le pont d’Iéna à franchir. Et les enfants sont scolarisés à Victor-Duruy, Paul au lycée et Mélanie au collège. Ils peuvent y aller à pied, ou, à la rigueur, à bicyclette.

Quand les journaux télévisés et les chaînes d’infos en continu ont commencé à parler d’une épidémie en Chine provoquée par un nouveau virus, début janvier 2020, toute la famille s’est passionnée pour ce problème sanitaire vécu en direct, mais en fait surtout les parents, qui expliquaient au fur et à mesure à leurs enfants ce qui était en train de se passer. Ils ont assisté à tous les revirements des experts, vrais épidémiologistes où experts autoproclamés comme Donal Trump, l’inénarrable et pitoyable président des États-Unis. Ils ont découvert l’allure quelque peu surprenante d’un infectiologue et virologue marseillais qui expliquait doctement en janvier que cette grippette n’atteindrait jamais l’Europe. Ce médecin allait par la suite beaucoup faire parler de lui. Ils avaient noté son nom, qu’ils n’avaient jamais entendu prononcer jusque-là : le Pr Didier Raoult. Et ils n’en finiront pas d’entendre parler de lui.

Au départ cette épidémie, provoquée par un nouveau coronavirus hébergé par une espèce locale de chauve-souris, et probablement transmis à l’homme via le pangolin, semblait effectivement n’être qu’une affaire intérieure chinoise partie d’un marché aux animaux sauvages de la ville de Wuhan, au centre de la Chine. Aucun d’eux n’avait jamais entendu parler de cette ville de Wuhan, bien qu’elle abrite un nombre d’habitants équivalent à un sixième de la population française, juste un peu moins que celle de l’Île de France. Et le nom du pangolin ne leur disait pas grand-chose non plus.

Puis l’épidémie est assez vite devenue une pandémie, qui n’a pas tardé à faire son apparition en Europe, contrairement à la prédiction du Pr Raoult. Et quand les Dubreuil ont entendu dire que les autorités chinoises avaient confiné de manière assez autoritaire les onze millions d’habitants de Wuhan, ils se sont dit que tout cela était totalement impensable en France, pays beaucoup trop attaché aux libertés individuelles pour accepter une telle privation d’une des libertés les plus fondamentales, celle de circuler.

Puis, à la stupéfaction générale, le 9 mars l’Italie décidait de se confiner drastiquement, car sa situation sanitaire devenait vraiment très préoccupante, notamment en Lombardie. Pratiquement aucun Français ne croyait que son pays suivrait l’exemple italien à une semaine d’intervalle, bien que le chef du Gouvernement italien ait exhorté ses voisins français à suivre l’exemple de leurs voisins transalpins. Mais les Dubreuil, plus clairvoyants en cela que la plupart des Français, avaient décidé de se préparer au télétravail, pour ne pas être pris de court au cas où… J’y reviendrai bientôt.

Mais juste avant que ne commence le confinement en France, tous les établissements scolaires avaient été fermés, notamment le collège de Mélanie et le lycée de Paul, qui avaient dû tous les deux se mettre à l’enseignement à distance, à vrai dire sans difficulté particulière car, sans être à proprement parler des geeks, ils sont depuis leur plus jeune âge très friands d’informatique, d’internet, de jeux vidéo et de réseaux sociaux.

Jacques s’est amusé à retracer l’historique quelque peu chaotique de cette décision inédite, et des atermoiements politiques qui l’ont entourée. Le 5 mars, Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale, déclarait, à propos d’une éventuelle fermeture totale ou partielle des établissements scolaires : « Nous en serions capables, mais ce n’est pas du tout prévu ». Le 8 mars, le même Blanquer précisait qu’il ne serait être question, même en cas de passage au redouté « stade 3 » de l’épidémie, de suivre l’exemple italien et de fermer toutes les écoles, car cela risquerait de paralyser tout le pays.

Le jeudi 12 mars, le Président de la République, Emmanuel Macron, prononçait sa première interlocution télévisée solennelle, et annonçait la fermeture des crèches, des établissements scolaires et des universités à partir du 16 mars. Le lendemain, Jean-Michel Blanquer annonçait que cette fermeture durerait au moins jusqu’aux vacances de Pâques.

Mais les annonces du Président Macron ne se limitaient pas à la fermeture des établissements scolaires. Il décidait notamment de mobiliser massivement le système sanitaire, de mettre en œuvre un système de chômage partiel, et de demander aux personnes de plus de 70 ans ou en situation de handicap de rester chez elles.

Il avait opté, après d’âpres discussions avec les représentants de la classe politique, pour que les élections municipales prévues les 15 et 22 mars soient maintenues. Seul le premier tour aura bien lieu, maintien qui fera l’objet de virulentes critiques ultérieures, même si, dans l’instant, les dirigeants de l’opposition faisaient profil bas, d’autant qu’ils étaient majoritairement favorables à ce que les élections soient bien organisées à la date prévue.

Pendant toute son allocution Emmanuel Macron s’était placé sous la bannière de son conseil scientifique, dont on entendait parler pour la première fois. Il lui sera par la suite reproché de ne pas s’être comporté en décideur politique, mais en suiveur des scientifiques. Et il répétera trois fois, tout au long de son allocution, l’expression « quoi qu’il en coûte », pour expliquer à ses « chers compatriotes » que l’état les protégerait sur le plan financier. Cette phrase restera dans les mémoires. Et Dieu si le prix à payer sera élevé.

Le lundi 16 mars, Emmanuel Macron, visage grave et voix solennelle, parlait de nouveau à la télévision. Le ton n’était plus du tout le même que quatre jours plus tôt, et le Président assumait ses décisions politiques sans revendiquer la caution des scientifiques. Il avait manifestement écouté les critiques. Par six fois il répètera que nous étions « en guerre », certes sanitaire, mais en guerre tout de même, contre un ennemi invisible. Le confinement (le mot n’aura pas été prononcé par le Président ; c’est son ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, qui s’en chargera dans la foulée), serait effectif le lendemain 17 mars, à midi, pour une durée indéterminée.

Ce même lundi Jacques prenait la décision de tenir son Journal du temps de l’épidémie, qui lui permettrait de revivre plus tard avec précision toute cette période inédite et somme toute assez exaltante, s’il en éprouvait l’envie.

La vie des Dubreuil, jusque-là parfaitement réglée, heureuse et dénuée de tout problème matériel, a donc basculé ce mardi 17 mars avec le confinement général de la population française imposé par le gouvernement du fait de la pandémie de Covid-19. Mais il faut dire qu’ils furent très loin d’être les seuls à voir leur quotidien bouleversé par le confinement, et qu’ils ont toujours reconnu avoir été des confinés particulièrement privilégiés, dans la mesure où ils ne furent pas impactés financièrement, contrairement à beaucoup de Français.

Comme plus d’un million de Parisiens qui en avaient la possibilité, les Dubreuil avaient fui la capitale dès l’annonce du confinement, pour se réfugier dans leur belle maison du vieil Angoulême, maison que Jacques avait hérité à la mort prématurée de ses parents, dans un accident de voiture. Ils avaient donc pu se confiner confortablement, ce qui aurait malgré tout été aussi le cas s’ils étaient restés à Paris. Il y aura sans aucune discussion confinés plus malheureux qu’eux.

Leur maison angoumoisine est une de ces belles demeures charentaises typiques, bâtie en pierre blanche, cernée de hauts murs, à laquelle on accède par un porche monumental qui la cache à la vue des passants. Les murs enclosent un jardin de dimensions assez modestes mais néanmoins largement assez grand pour eux. La Charente est un département riche, grâce notamment au cognac, et les Charentais ont toujours aimé dissimuler leur aisance financière à l’abri des regards indiscrets. C’est dans cette maison que Paul a passé toute son enfance, jusqu’à ce qu’il parte à Paris pour y suivre ses études de médecine. Depuis la mort de ses parents, ils y viennent aussi souvent que possible, ne serait-ce qu’un week-end sur deux, et pour de courtes vacances. L’été ils vont dans le Morbihan chez les parents d’Astrid, qui habitent la jolie petite ville d’Auray.

La maison familiale est située à deux pas des remparts et de la cathédrale Saint-Pierre, dans ce quartier huppé que les gens du cru appellent « le Plateau ». De chez eux ils peuvent apercevoir, sur la colline d’en face, le golf de l’Hirondelle, pratiquement en centre-ville, et le calvaire qui borde le trou N°2 du parcours. Et de ce calvaire, on a une vue magnifique sur la vieille ville, toute blanche, bâtie sur un piton autour duquel s’écoule paresseusement la Charente en une boucle harmonieuse. Un paysage dont ils ne se lassent jamais.

Dès l’annonce du confinement italien, les Dubreuil s’étaient préparés à se mettre au télétravail. Pour les enfants, cela n’avait posé aucun problème, chacun possédant un ordinateur dans sa chambre. Pour Astrid non plus, puisque c’est le cabinet qui l’emploie qui devrait tout organiser si le confinement était décidé par le gouvernement. Mais pour que les visioconférences avec ses collègues se passent dans les meilleures conditions techniques possibles, elle avait fait équiper une pièce de la maison en un petit studio doté de tout le matériel nécessaire. Quand elle serait en télétravail, ses collègues pourraient la voir dans de bonnes conditions, et l’entendre sans que sa parole ne soit hachée comme lorsqu’on communique par Skype.

C’est pour Jacques que le télétravail fut le plus difficile à organiser, car, à sa connaissance, personne n’avait jamais envisagé de pratiquer la psychiatrie ou la psychothérapie en visioconférence, et il n’avait pas de modèle à suivre. Et le temps était compté. Voici l’organisation particulièrement élaborée qu’il avait imaginée.

Son cabinet de consultation parisien est, et reste toujours, organisé en deux espaces contigus séparés par un paravent, l’un pour la psychiatrie, avec un bureau classique, l’autre pour la psychothérapie individuelle, qu’il pratique selon la méthode de la thérapie existentielle décrite par son célèbre confrère américain le Dr Irvin Yalom. Le patient a le choix entre le classique divan de la psychanalyse et un fauteuil douillet installé en face du confortable siège de son thérapeute, lequel est situé légèrement en retrait, sur le côté droit du divan, de sorte que le patient ne voit pas son thérapeute s’il choisit de s’allonger sur le divan. En revanche, s’il opte pour le fauteuil, il est assis en vis-à-vis de son thérapeute. Jacques a remarqué que le choix que le patient fait entre le divan et le fauteuil lui donne une bonne indication sur ce que son patient attend de lui. Ceux qui préfèrent une thérapie brève choisissent en général le fauteuil.

Le cabinet de Jacques est cossu et moderne, assez dépouillé, habillé de beaux matériaux comme le verre et différentes essences de bois, et rempli d’une objectivité revendiquée, notamment par l’absence de bibelots et de photos personnelles. Dans l’espace psychiatrique, il a accroché sur le mur situé derrière son fauteuil un grand écran qui permet de faire défiler devant les yeux de son patient, de manière aléatoire, des images colorées et des phrases qu’il a lui-même choisies parmi les sentences et aphorismes qu’il a relevées pendant ses lectures philosophiques. Cette installation est censée être apaisante pour les patients stressés.

Le meuble essentiel du coin psychothérapeutique n’est pas le divan, mais sa bibliothèque personnelle, dans laquelle il range ses livres préférés. Elle est située contre le mur situé à main gauche du patient allongé, et, normalement, celui-ci n’est pas censé aller vers elle, ni regarder quelles sont les lectures de son thérapeute, ce qu’il considèrerait comme un viol de son intimité. Mais il lui est arrivé, avec des patients triés sur le volet, d’en dévoiler quelques trésors.

L’organisation de sa journée pourrait se résumer ainsi : le matin les psychoses, l’après-midi les névroses. Pour les thérapies de groupe, il dispose d’une journée hebdomadaire dédiée à cette activité à l’hôpital Sainte-Anne.

Jacques a choisi, pour sa future téléconsultation, de garder la même disposition spatiale de la pièce dans laquelle il exerçait sa profession avant le confinement, si ce n’est qu’il a retiré les deux fauteuils dans lesquels il s’installait pour consulter. Et l’écran accroché au mur derrière le fauteuil du coin psychiatrique ne diffuse plus les images habituelles mais celles que filmera la caméra placée face à lui dans son cabinet virtuel. Il a en effet donné un nom à chacun de ses deux espaces de travail : le cabinet réel à Paris, le cabinet virtuel à Angoulême.


Pour l’activité de psychiatrie, qu’il avait donc l’habitude de pratiquer le matin, son patient, éventuellement accompagné, sera assis à la place habituelle. Le fauteuil de Jacques a été retiré, mais le grand écran de télévision qui reste accroché au mur à hauteur du fauteuil absent permettra au patient de voir son praticien comme s’il était présent en face de lui, en chair et en os, d’autant que Jacques a poussé le soin du détail jusqu’à avoir placé, sur le mur du cabinet virtuel devant lequel il sera assis, le même écran que dans son cabinet de consultation réel, avec ses images colorées et ses maximes qui défilent. Le patient disposera d’un micro posé devant lui sur le bureau, pour pouvoir dialoguer normalement avec son psychiatre. Au-dessus de l’écran une petite caméra permettra à Jacques de voir son patient comme s’il était assis en face de lui. Si, à la fin de la consultation, une ordonnance devait s’avérer nécessaire, Jacques la rédigerait, la signerait, la scannerait et l’enverrait à sa secrétaire, dont le rôle sera absolument essentiel, puisqu’elle sera le seul contact humain que le patient aura une fois entré dans le cabinet. Marlène continuera à se tenir dans l’espace que Jacques lui a réservé dans la salle d’attente. Pour elle donc, guère de changement, si ce n’est qu’elle ne verra plus son patron pendant toute la durée du confinement, sauf par le truchement de la vidéo dont elle disposera également.

Pour l’activité de thérapie, qui se déroulera l’après-midi, Jacques a choisi de placer une caméra de telle façon qu’elle filmera le profil droit du patient allongé sur le divan, comme on le voit au cinéma quand le réalisateur (par exemple Woody Allen, analysé perpétuel) nous fait assister à une séance d’analyse. De cette façon, Jacques aura sa chère bibliothèque sous les yeux, à défaut de l’avoir face à lui « pour de vrai ». Dans la configuration divan, le patient n’est pas supposé voir son thérapeute. Si le patient a choisi le fauteuil, Jacques le verra de face grâce à une autre caméra située au-dessus de l’écran de télévision installé à la place du fauteuil. Bien entendu, quelle que soit la disposition choisie par le patient, divan ou fauteuil, il disposera d’un micro pour pouvoir dialoguer avec son thérapeute. Il devrait être inutile de préciser que quand je dis « le patient », je ne préjuge pas du sexe de celui-ci, d’autant que Jacques a à peu près autant d’hommes que de femmes dans sa patientèle.

Sa secrétaire, Marlène, aura bien entendu un rôle essentiel à jouer pendant cette période expérimentale de téléconsultation. C’est elle qui accueillera les patients, leur expliquera la procédure, un peu déroutante la première fois. Et c’est elle qui encaissera les honoraires. Marlène est une jeune femme charmante et compétente, célibataire bien que Jacques croie savoir qu’elle a un copain, mais qu’elle ne vit pas avec lui. Il ne peut plus se passer d’elle, sur le plan professionnel, s’entend. Il lui a même proposé de venir s’installer dans l’appartement pendant le confinement, ce qui lui évitera des allers et venues depuis sa proche banlieue, puisqu’elle habite à Vincennes. Elle a accepté sans difficulté, et lui a même proposé de s’occuper de leurs plantes, qui risqueraient sans elle de mourir de soif.

Tout est donc prêt pour que les Dubreuil puissent travailler depuis leur confortable thébaïde angoumoisine.

Sur place leur maison d’Angoulême est prête à les accueillir. Chacun des quatre membres de la famille disposera d’une chambre, car les époux ont jugé plus prudent de faire chambre à part pendant le confinement, quoi qu’il leur en coûte, pour parler comme Emmanuel Macron. Les enfants ont organisé un coin de leur chambre respective en bureau. Les parents auront chacun leur espace de travail, de manière à ne pas se gêner les uns les autres. Astrid a choisi une agréable pièce dans les combles, éclairée par un vasistas. Jacques a obtenu le droit d’installer son bureau virtuel dans la bibliothèque, en l’équipant de la manière décrite. Car Jacques, lecteur boulimique, a aussi une bibliothèque dans leur maison d’Angoulême, plus littéraire que son pendant parisien, plutôt philosophique. Ils n’attendent plus que le feu vert présidentiel, qui arrivera le lundi 16 mars, avec l’allocution télévisée pendant laquelle Emmanuel Macron annoncera que le confinement commencera le lendemain à 12 heures. Comme ils étaient déjà préparés, les Dubreuil vont prendre la route dès le lundi soir. Ils seront arrivés à Angoulême pour le début du confinement.

Pour les deux enfants, aucun problème ; ils sont prêts. Le cabinet d’Astrid a tout mis en place pour que le télétravail puisse commencer dans les meilleures conditions. Et ses patrons lui savent gré des efforts qu’elle a déployés pour que tout se passe au mieux sur le plan technique.

Pour Jacques il faudra une bonne semaine de rodage pour que tout fonctionne correctement avec son cabinet parisien et sa secrétaire. Il a cependant fait deux modifications importantes dans son emploi du temps : il a dû renoncer temporairement à sa consultation de thérapie de groupe à l’hôpital Sainte-Anne, trop difficile à organiser en téléconsultation. Et il a décidé, grâce à la journée de travail ainsi libérée, de s’octroyer un jour de repos en milieu de semaine, pour lire et relire, écouter et faire de la musique en famille, et surtout passer du temps avec les siens. L’occasion est inespérée de resserrer les liens familiaux.

Ils ont tous pris le confinement très au sérieux, allant même jusqu’à adopter les gestes barrières et la distanciation physique à l’intérieur de la maison. Pas question que l’un des occupants ne contamine les autres, encore qu’ils se demandent comment le virus pourrait bien pénétrer dans leur forteresse. Le plus dur aura été d’arrêter tous les gestes de tendresse auxquels ils sont habitués depuis qu’ils sont ensemble, les parents entre eux et avec les enfants. Finis les bisous et les câlins. Du moins pour l’instant.


Les remparts d'Angoulême.

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© Christian Thomsen