Journal du temps de l’épidémie (40)

Mis à jour : mai 18

Vendredi 15 mai, J5 du déconfinement

L’Élysée a vigoureusement réagi hier à l’annonce maladroite de Sanofi. Pour Emmanuel Macron, le vaccin, quand il existera, devra être un « bien public mondial », à la disposition du monde entier, en priorité pour les plus fragiles, et non pas pour les plus riches. Ce qui est absurde, c’est que cette polémique est partie d’un vaccin qui n’existe pas encore. Et rien ne dit que c’est Sanofi qui le mettra au point avant les autres. Tout cela me semble un peu hystérique.

Ce qui est certain, c’est que l’effort financier déployé par l’Europe pour la mise au point d’un vaccin est dérisoire par rapport à l’effort de guerre américain.

Emmanuel Macron, toujours lui, avait annoncé pour hier les résultats de l’étude européenne Discovery. Or ils ne sont toujours pas connus, et pour cause : on est très loin des 3200 patients à inclure pour pouvoir conclure. C’est la France qui a inclus le plus de patients, 700 au total, avec un coût important de 5000 € par patient. Et encore chez nous un nombre non négligeable de patients n’ont pas pu être inclus car ils étaient déjà sous hydroxychloroquine.

Conclusion provisoire : encore un flop, ne serait-ce que sur le plan de la communication. Quel est l’incompétent qui a bien pu donner à Emmanuel Macron cette date intenable du 14 mai ? Décidemment, il est vraiment difficile à nos dirigeants de dire « je ne sais pas ».

Le chiffre officieux du nombre de médecins décédés du Covid-19 serait de 34 : 22 médecins libéraux et 12 médecins hospitaliers. Mais dans les reportages qui nous ont été montrés pendant ces deux mois, il a été question essentiellement du travail des hospitaliers, et notamment dans les services de Réanimation. Les médecins libéraux ont été passés à la trappe médiatique. Leur travail n’a sans doute pas été jugé assez sensationnel pour être mis en avant. Il a surtout été dit à plusieurs reprises qu’ils étaient la plupart du temps démunis en matériel de protection.

Quant au nombre de soignants décédés en France, on ne le connaît pas. Mais on peut s’en faire une idée avec celui de nos proches voisins : 275 décès au Royaume-Uni, 199 en Italie.

Notre PIB du trimestre dernier aurait chuté de 5,8%, dégringolade absolument sans précédent, et nettement plus importante que chez nos voisins. Mais un économiste nous incite à prendre ces chiffres avec précaution, car il faut en temps normal pratiquement deux ans pour que l’INSEE dispose des chiffres définitifs. Tout cela peut donc évoluer, dans un sens comme dans un autre, sans compter que la crise économique est loin d’être terminée.

Plusieurs salons de coiffure et instituts de beauté parisiens ont déjà été fermés pour non-respect des mesures sanitaires. Cela rejoint ce que M. me disait sur l’indiscipline des habitants de notre petite ville.

Notre laboratoire d’analyses médicales nous fait parvenir un document interne sur les tests. Comme il est très pédagogique, je vous en livre ici les grandes lignes, en rappelant que nous disposons de deux types de tests :

  • La détection de l’ARN du SARS-CoV-2 par prélèvement nasopharyngé grâce à la technique RT-PCR. Habituellement on abrège le nom complet en PCR (polymérase chain reaction), en supprimant RT, qui veut dire reverse transcription (transcription inverse en français).

  • La détection dans le sérum des anticorps (Ac) anti SARS-Cov-2 (tests sérologiques)

1) Chronologie des marqueurs biologiques du Covd-19

  • La durée d’incubation de la maladie, autrement dit le délai entre le contact avec le virus (souvent par le biais d’un sujet contact) et l’apparition des signes cliniques, varie de 2 à 14 jours, avec une médiane à 4-5 jours.

  • L’ARN du virus est détectable par PCR dans la sphère nasopharyngée quelques jours après le début des signes cliniques (SC), avec une charge virale (CV) maximale de 7 à 10 jours après les SC. À ce stade la PCR est positive au mieux dans 70% des cas, pourvu que le prélèvement ait été bien réalisé. Puis on assiste à une décroissance de la CV, qui n’est plus détectée que dans 50% des cas 14 jours après les SC.

  • Le délai d’apparition des Ac totaux est de 3 à 7 jours après les SC, avec une médiane de séroconversion située entre 10 et 14 jours.

  • Je rappelle que les Ac sont des immunoglobulines (Ig) de trois types, IgA, IgG et IgM.

  • De sorte que quand la PCR devient moins sensible, la sérologie prend le relais et permet d’avoir un moyen de diagnostic un peu plus tardif.

  • Il est essentiel de comprendre que la présence d’Ac permet d’affirmer que le sujet a rencontré le virus, mais pas qu’il est protégé contre lui. Ce n’est pas un « passeport d’immunité ».

  • Dans l’état actuel des connaissances, on ne sait pas combien de temps ces Ac persisteront dans le sérum. Pour les coronavirus responsables des rhinites saisonnières, ils ne persistent que quelques semaines ; pour le SARS-Cov-2, environ deux ans.

2) Indications respectives des deux tests

  • PCR sur prélèvement nasopharyngé : Dès le 11 mai, l’objectif fixé par le Gouvernement est de tester par PCR tous les patients présentant des symptômes évocateurs de Covid-19. En attendant les résultats de la PCR, les patients symptomatiques doivent être isolés.

  • Les tests sérologiques sur prise de sang : leur place a été précisée par la HAS le 1er mai. Ils sont indiqués dans deux cas :

1) Diagnostic de l’infection chez les patients symptomatiques avec ou sans signe de gravité, si la PCR est négative ou n’a pas été pratiquée.

2) Personnels soignants et d’hébergement collectif, en contact avec un cas positif dans le cadre de l’exploration des personnes-contact, si la PCR est négative ou non pratiquée.

  • La HAS précise en outre que « ces tests ne doivent être utilisés qu’à des fins médicales, dans le cadre d’une prise en charge individuelle. Des utilisations à des fins collectives telles que l’organisation du travail au sein d’une entreprise ou l’aide au déconfinement, ne sont pas envisageables. »

  • La place des autotests n’est pas précisée dans ce document.

3) Modalités de prélèvement

  • Les tests de diagnostic du Covid-19 ne peuvent être effectués que sur prescription médicale.

  • Le prélèvement nasopharyngé doit être effectué par un médecin ou un soignant. Il doit être acheminé au laboratoire dans les 2 heures qui suivent le prélèvement.

  • Pour le diagnostic sérologique, il s’agit d’un prélèvement sanguin comme pour toute autre sérologie virale.


4) Facturation

  • La PCR est prise en charge à 100% par l’Assurance Maladie.

  • La sérologie ne l’est pas à ce jour. Le coût est variable d’un laboratoire à l’autre. Pour le nôtre, il se monte à 27€.

5) Rendu des résultats

  • Les résultats sont transmis aux patients et aux prescripteurs, comme pour toute autre examen de biologie médicale.

  • Ils le sont également à la plate-forme mise en place par le ministère de la Santé.

  • L’objectif est un délai de rendu des résultats de 24 heures.

Comme je me l’étais promis, en quittant l’hôpital je vais en ville, protégé par mon masque, faire un tour chez ma libraire, que je suis heureux de retrouver. Elle me dit que, comme beaucoup de gens de son entourage, elle a assez vite cessé d’écouter les informations sur l’épidémie, d’une part parce qu’elle les trouvait vraiment trop anxiogènes, et aussi parce qu’elle n’arrivait pas à se faire une opinion, confrontée à des informations souvent contradictoires. Elle me dit notamment qu’elle a vraiment été déstabilisée par les propos du Pr Montagnier expliquant que ce virus avait été fabriqué en laboratoire à partir du VIH.

Je lui commande les Pensées de Joseph Joubert, chaudement recommandées par le blog de Patrick Corneau, ainsi que Le Jardin d’Épicure de ce merveilleux psychanalyste américain qu’est Irvin Yalom. Et comme je n’aime pas quitter une libraire sans un livre à la main, je prends L’Éducation sentimentale de Flaubert, un classique que je n’ai pas encore lu, ce qui est une lacune à combler d’urgence.

Fleurs de notre jardin

Samedi 16 mai, premier week-end déconfiné

Nous sommes enfin fixés : les Français seront autorisés à partir en vacances en France en juillet et en août, ce qui inclut l’Outre-mer. Notre petite-fille va donc pouvoir passer du temps avec son père et ses grands-parents qui vivent en Guadeloupe. Les Corses aimeraient que leur île reste à peu près préservée de la maladie, comme elle l’est actuellement.

En revanche les Espagnols imposeront une quatorzaine aux touristes qui voudraient se rendre en Espagne. La France va faire de même, par mesure de réciprocité.

Un sondage indique que 47% des sondés ne comptent pas partir en vacances. Mais, en temps normal, 40% de nos concitoyens ne partent pas en vacances, faute de ressources financières suffisantes. Je ne pensais pas que ce chiffre était aussi élevé.

Emmanuel Macron, en visite à la Pitié-Salpêtrière, se fait bousculer verbalement par le personnel infirmier, qui n’attend ni prime ni médaille, mais une véritable revalorisation salariale. Actuellement la France pointe à une bien pitoyable 22ème place parmi les pays développés pour la rémunération des personnels hospitaliers. Emmanuel Macron fait ultérieurement son mea culpa sur la façon dont l’hôpital a été traité ces dernières années. Mieux vaut tard que jamais.

Les rumeurs selon lesquelles il souhaiterait changer de Premier ministre après la crise se font de plus en plus insistantes. Serait-ce parce que la cote de popularité d’Édouard Philippe est bien meilleure que la sienne ? Mais ce ne sont que des rumeurs.

Le chroniqueur Patrick Cohen s’est intéressé à l’épineuse question des masques dans le reste de l’Europe. C’est très instructif tant il y a de différences d’un pays à l’autre. En Allemagne, pays qui a plutôt mieux géré l’épidémie que la France, il n’y avait aucun stock de masques au début de la crise, et aucune possibilité de fabrication sur place. Les autorités allemandes ont simplement recommandé de mettre un tissu devant le nez et la bouche. Il peut s’agir d’un simple foulard.

Un journaliste allemand vivant à Paris explique que les médias français, qui sont allés jusqu’à parler de « mensonge d’état » à propos de la pénurie de masques, sont beaucoup plus virulents avec les dirigeants français que leurs homologues allemands. Cela confirme encore une fois que chez nous c’est la méfiance qui règne. Ne sommes-nous pas le peuple au monde le plus méfiant vis-à-vis de la vaccination (27% des Français y sont hostiles par principe) ?

Au Danemark le port du masque est déconseillé, pour éviter que cette fausse sécurité ne remplace les gestes barrière, jugés plus efficaces. En revanche les Danois sont les seuls à avoir lancé une vaste étude sur l’utilité du port du masque. En effet, aussi étrange que cela puisse paraître, il n’y a aucun consensus scientifique sur le sujet, par manque d’une étude sérieuse. Les Danois nous apporteront peut-être la réponse que le monde entier attend. Vive le Danemark !

Une pédiatre infectiologue, spécialiste des maladies infantiles rares à l’hôpital de Versailles, indique qu’un recensement des cas de maladie de Kawasaki a comptabilisé 125 enfants atteints en France, avec un décès à l’hôpital marseillais de La Timone. C’est plus qu’en temps normal, mais cela reste malgré tout assez anecdotique. Et l’on ne connaît pas le lien potentiel avec le coronavirus.

Elle explique que l’alerte qui avait été lancée par les autorités sanitaires à propos de quelques cas de Kawasaki n’était pas censée se retrouver dans les médias, créant un vent de panique. Elle dit une chose parfaitement juste, à savoir que la moindre hypothèse scientifique, voire la moindre rumeur, se transforme de facto en vérité dès que les médias s’en emparent. Elle cite en particulier l’exemple de l’hydroxychloroquine, qui aurait dû n’être qu’une hypothèse de travail. Or la médecine fonctionne précisément par hypothèses, que l’on doit tester ; certaines seront rejetées, d’autres retenues, mais après un long délai nécessaire à la réalisation des études. Le temps scientifique, qui court sur la durée, n’est pas le temps médiatique, toujours pressé. Et elle a une jolie formule pour exprimer tout cela, que je valide complètement : l’hystérisation scientifique.

Parlant de l’école, elle plaide pour un retour le plus rapide possible à la normale, estimant que le risque est très faible pour les enfants, dont très peu ont contracté la maladie. Et, contrairement à d’autres viroses comme la grippe saisonnière, il semble que les enfants ne soient pas vraiment vecteurs de la maladie.

Bref, selon elle, on a pris des mesures disproportionnées pour les enfants.

Un reportage nous montre la réouverture des cafés en Autiche, notamment celles des célèbres café viennois, qui m’ont toujours tellement fait rêver.

En Allemagne, le championnat de football (la Bundesliga) a repris, à huis clos. Les consignes de distanciation physique ne sont pas évidentes à respecter, mais les joueurs ont reçu la consigne formelle de ne pas se grimper les uns sur les autres en cas de but, comme ils le font dans tous les pays. Bernard Pivot emploie ironiquement le terme de cluster, que l’épidémie nous a appris à connaître et qu’il n’aime pas du tout, pour désigner ces amoncellements un peu obscènes de joueurs célébrant un but. C’est toujours un immense plaisir que de revoir, sur un plateau de télévision, ce jeune homme espiègle et malicieux de 85 ans.

Un de mes souhaits les plus chers pendant le confinement était de pouvoir rejouer au golf, ce que j’ai fait aujourd’hui. Divine surprise, j’ai mieux joué que je ne le faisais avant le confinement. Pour ce type d’activité sportive, un temps d’interruption peut être bénéfique pour se débarrasser des mauvaises habitudes qui s’étaient incrustées malgré nous. Mais le manque d’entraînement physique fait que je finis mon parcours avec une bonne lombalgie, dont je suis assez coutumier.

Contrairement à ce que j’avais imaginé, il y a très peu de monde sur le parcours. Et pourtant, le temps est radieux en ce premier week-end déconfiné.

M. et moi sommes allés acheter des fleurs pour remplacer les magnifiques dipladenias qui n’ont pas résisté à l’hiver, passé au chaud dans le garage, sans bénéficier d’assez de lumière.

D'autres fleurs de notre jardin.

Dimanche 17 mai, dernier jour de ce Journal

Et l’on parle d’un possible reconfinement. Au secours !

Emmanuel Macron se change les idées en célébrant le début de l’année de Gaulle sur les lieux de la bataille de France, menée par le colonel de Gaulle. Comme le dit si bien Alain Duhamel, avec le recul absolument tout le monde est devenu gaulliste. De Gaulle est devenu la seule référence à peu près incontestée.

Et il aura bientôt fort à faire avec la défection d’un « marcheur » historique, Aurélien Taché, qui estime ne plus trouver sa place d’homme de gauche au sein du parti présidentiel, LREM. Il risque d’entraîner dans sa défection un nombre de députés suffisant pour que le parti présidentiel perde sa majorité absolue à l’Assemblée.

Voici les dernières informations que je note dans ce journal : des clusters sont apparus dans des abattoirs situés en zone verte. Pour l’instant il n’y a aucun cas grave. Des constatations similaires sont faites en Allemagne et aux États-Unis, pays où Barack Obama s’engage vigoureusement contre la gestion de la crise sanitaire par son successeur.

Les collèges rouvriront demain, uniquement pour les classes de 6ème et de 5ème, toujours sur la base du volontariat.

Au terme de ces deux mois, on déplore plus de 28 000 décès, mais on se réjouit que plus de 60 000 patients soient sortis guéris de l’hôpital.


Voilà, c’est la fin de ce Journal, tenu scrupuleusement pendant 9 semaines, du lundi 16 mars, veille du confinement, au dimanche 17 mai, dernier jour de la première semaine de déconfinement.

En commençant l’écriture de ce Journal, j’avais plusieurs objectifs en tête. Le principal était d’apporter aux lecteurs de mon blog l’information la plus claire et la plus objective possible, débarrassée de tout le sensationnel dont les médias adorent l’enrober, la rendant extrêmement anxiogène. Pour cela il m’a fallu prendre beaucoup de notes en écoutant quotidiennement les JT ou les talk-shows destinés au grand public, et en prenant connaissance des informations réservées aux médecins (mais en pratique accessibles à toute personne qui s’en donnait la peine). Ces notes étaient retranscrites au jour le jour. Je précise que je n’ai jamais eu le moindre souci d’exhaustivité ; seulement celui de la clarté.

J’ai pris un plaisir un peu sadique, je le confesse, à m’acharner sur mes deux têtes de Turc favorites, à savoir Donald Trump, censé être l’homme le plus important du monde, mais qui s’est révélé surtout le plus pathétique des dirigeants, et le Pr Didier Raoult, autrefois scientifique respecté, mais qui n’en est plus vraiment un depuis qu’il a abdiqué tout sens critique pour faire part à la terre entière de ses certitudes.

Un scientifique qui ne doute plus n’est plus un scientifique.

Je souhaitais aussi faire vivre à mes lecteurs un peu de mon quotidien professionnel de chirurgien hospitalier en deuxième ligne dans la lutte contre l’épidémie. En effet, s’il m’est arrivé d’opérer des patients atteints du Covid-19, mon travail n’a jamais consisté à soigner leur maladie. Et à aucun moment il ne m’est venu à l’idée que je sauvais des vies ou que j’étais un héros du quotidien, selon l’expression mille fois entendue. Simplement un médecin qui a fait son boulot du mieux qu’il a pu pendant cette période difficile.

Troisième objectif, faire un résumé des livraisons des Carnets de la drôle de guerre, publiés tous les jours par la revue Philosophie Magazine. Il y aura eu en tout cinquante livraisons, toutes passionnantes.

Et puis j’ai eu envie de parler un peu de moi et de ma famille, de mes goûts littéraires, musicaux ou cinématographiques, et de mes occupations de confiné. Pourvu que ces notations personnelles n’aient pas été trop envahissantes.

J’espère simplement avoir rempli les objectifs que je m’étais fixés sans ennuyer mes lecteurs, tout en leur ayant apporté quelque chose qu’ils n’ont pas trouvé ailleurs.

C’est maintenant le grand saut dans l’inconnu, avec de multiples questions toutes plus angoissantes les unes que les autres : l’épidémie sera-elle bientôt maîtrisée ? Y aura-t-il une deuxième vague, avec un nouvel épisode de confinement ? Allons-nous disposer bientôt d’un vaccin (pas nécessairement fabriqué par Sanofi) ? Y aura-t-il une enquête parlementaire sur la façon dont nos dirigeants ont géré la crise ? Comment ces derniers en sortiront-ils : grandis ou laminés ? Faut-il s’attendre au retour annuel du coronavirus ? L’économie va-t-elle se redresser ? Aurons-nous su tirer les leçons de cette crise pour nous préparer à en vivre d’autres ? Et, plus globalement, cette épidémie sera-t-elle l’occasion d’oser un changement de société, plus écologique, moins pressée, moins consumériste ?

Nous verrons bien. Et cela promet d’être passionnant.

Mais en fait j’aurais dû poursuivre ce Journal encore 48 heures, jusqu’au 19 mai. C’est en effet la date annoncée il y a peu par le Pr Raoult, Philippulus du XXIème siècle, pour la fin de l’épidémie. Mais comme aucune de ses prédictions ne s’est réalisée, et qu’aucune de ses affirmations ne s’est trouvée confirmée, je prends le risque, somme toute assez minime, de m’arrêter aujourd’hui. Je vais pouvoir passer à autre chose.

Et puis l’activité chirurgicale à l’hôpital va bien finir par redémarrer, même si ce ne sera que progressivement, ce qui devrait largement suffire à m’occuper dans les prochaines semaines.

Et ce sera sûrement passionnant de voir comment nous allons tous reprendre une vie plus ou moins normale. J’attends avec impatience le premier JT qui ne parlera pas de l’épidémie.

En tout cas M. et moi avons recommencé à nous toucher, à avoir les petits gestes de tendresse dont nous étions coutumiers, et que nous n’avons pas osé faire pendant toute la période du confinement, dans la mesure où j’étais susceptible de ramener ce fichu virus à la maison, et donc de contaminer ma chère femme.

Ce risque n’a évidemment pas disparu, mais il va falloir apprendre à l’apprivoiser.


Toujours des fleurs de notre jardin;

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© Christian Thomsen