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Franz Kafka et sa soeur Ottla

Ottla, la sœur préférée de Franz, est, des trois personnages de l’entourage de Kafka choisis par Laurent Seksik, celui qui joue le rôle le moins important dans son roman Franz Kafka ne veut pas mourir.

Au camp de Theresienstadt

En août 1942 elle fut déportée dans le camp de concentration de Theresienstadt, que les nazis avaient conçu comme une vitrine présentable de la déportation des juifs, notamment pour les yeux et les oreilles des inspecteurs de la Croix-Rouge, ce qui explique l’intense activité culturelle, notamment musicale, qui s’y déployait.

Le 5 octobre 1943, Ottla se déclara volontaire pour accompagner en Suisse un groupe d’enfants provenant du ghetto polonais de Bialystok, et internés à Theresienstadt. Mais leur train fut dérouté vers Auschwitz, où, dès leur arrivée, les enfants et leurs accompagnants furent gazés.

Trois mois plus tôt, pour le soixantième anniversaire de la naissance de Franz, Norbert Fried, professeur de littérature passionné par l’œuvre de Kafka, avait tenu une conférence en hommage à l’écrivain et fait jouer une petite pièce inspiré par Le Procès.

Mais n’anticipons pas…

La fameuse "lettre au père"

Le jour de la mort de son frère, elle est chez leurs parents, et relit encore une fois la terrible lettre que Franz avait écrite à son père cinq ans auparavant, qu’il ne lui a jamais envoyée, mais qu’elle a recopiée pieusement. Cette Lettre au père sera publiée à la NRF en 1953. Franz y tentait de se justifier auprès de ce père tyrannique dont il redoutait tant l’autoritarisme.

Franz aimait à dire : Toute mon œuvre écrite pourrait s’intituler

« Tentative d’échapper au père ».


Nous retrouvons Ottla le 15 mars 1939, jour de l’entrée des troupes allemandes dans son pays. Elles marchent sur Prague. Tous les jours elle lit la chronique de Milena Jesenská, l’ancienne correspondante de son frère, qui mourra à Ravensbrück en 1944.


Milena Jesenská

À la mort de Kafka elle avait écrit : « C'était un homme et un artiste doué d’une conscience si sensible qu’il entendait là où les autres, les sourds, se sentent faussement en sécurité. »


Sa sœur Valli l’appelle au téléphone ; elle est très inquiète sur le sort des juifs de Prague. Ottla a eu des nouvelles de Max Brod, qui a réussi à fuir en Pologne, dans le but de rejoindre la Palestine mandataire.

Il sauvera ainsi tous les manuscrits et la correspondance de Franz, conservés religieusement.


Ottla a un plan pour sauver sa famille : divorcer d’avec son mari, qui est catholique, et lui laisser leurs deux filles, qui ne sont que « demi-juives », et donc moins exposées.

Quant à elle, il faut qu’elle disparaisse...


Le livre se termine à New York, en 1972, avec le départ à la retraite de Robert (1972 est la date du décès du Pr Robert Klopstock).

Il a une pensée pour tous les juifs morts pendant la guerre, soit exterminés en masse par les nazis, soit suicidés, comme Stefan Zweig ou Walter Benjamin. « Hitler avait perdu la guerre contre les Alliés, mais il avait gagné celle contre les juifs. »

Lui-même ne voulait plus se sentir juif, et s’était converti avec Gizelle. Il ne sait pas si c’était une preuve de courage ou d’une lâcheté sans nom.

Il demande à sa fidèle secrétaire Gladys de débarrasser son bureau des papiers qui l’encombrent, et de les jeter. Gladys revient avec quelques feuillets dactylographiés, qu’il lui semble impossible de jeter. Il s’agit des trois lettres de recommandation qui l’ont aidé à émigrer en Amérique. La première, datée de 1938, est d’Albert Einstein ; elle lui a probablement sauvé la vie. Les deux autres signées Thomas Mann. La seconde commençait par ses mots : « J’ai fait la connaissance du Dr Klopstock par l’intermédiaire du jeune et talentueux écrivain allemand Franz Kafka, pour qui le Dr Klopstock a tant fait avant sa mort. »

S’il n’avait pas pu sauver son ami Franz, « peut-être, en revanche, sa rencontre avec Kafka avait-elle contribué à lui sauver la vie, à lui ? »

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1 Comment


robert lausanne
robert lausanne
Jun 09, 2023

chirurgie esthetique Tunisie , je vous félicite

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